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Dossier - La mosaïque
La Tunisie possède une impressionnante collection de mosaïques romaines qui sont dans leur quasi-totalité des pavements. Les mosaïques pariétales, qui font le prestige de villes comme Ravenne ou Byzance, en sont pratiquement absentes.
LES MATERIAUX :
Une mosaïque pavimentale est faite de l’assemblage, au moyen d’un lit de pose, de petits dès (ou cubes) polychromes, soigneusement découpés, appelés tesselles ou tessères.
S’agissant d’un revêtement de sol destiné à être foulé aux pieds, sa surface doit être solide et parfaitement lisse et aplatie.
Les matériaux de base dans lesquels sont taillées les tessères utilisées dans les mosaïques tunisiennes sont des marbres 1 et des calcaires locaux, auxquelles s’ajoutent des cubes rouges de terre cuite, dont la promotion a eu tendance à augmenter, au courant de l’antiquité tardive.
Marbres et calcaires offrent les colorations les plus variées : des blancs, bien sûr, employés surtout toute une gamme de noirs, gris, roses, verts, bleus, jaunes, ocres, beiges, marrons, violets… constituant des matériaux de choix pour la réalisation du décor figuré. Ils sont fournis par des carrières locales dont certaines, comme celles de Jebel Ouest, Bou Kournin ou Chemtou, ont pu être identifiées et continuent à être exploitées, par les mosaïstes modernes, pour restaurer des pavements anciens ou pour en exécuter de nouveaux. Une analyse de laboratoire des mosaïques de Thuburbo Majus a d’ailleurs permis de déterminer qu’elles sont faites exclusivement de pierres provenant des environs immédiats du site.
Ces ressources en matériaux locaux sont complétées, par quelques marbres d’importation, originaires principalement de Crèce et d’Italie.
La palette des couleurs, déjà très riche, fournie par tous ces matériaux est encore accrue, dans bon nombre de pavements, par l’emploi de tessères en pâte de verre dont les teintes rouges, vertes, bleus, ou jaunes sont plus éclatantes et plus vives. L’usage de plus en plus abondant de ces pâtes de verre, à partir du IIIème s. ap. J.-C est sans doute à mettre en rapport avec le goût de la basse antiquité pour les effets de somptuosité et la riche polychromie. Certaines mosaïques tombales chrétiennes (IVème – Vième s.ap.J. – C.) comportent même des tessères peintes à la feuille d’or.
La forme des tessères est fonction des motifs qu’elles servent à dessiner. Leurs dimensions varient de 0.3 cm à 2 cm de café, en moyenne, et de 0.4 à 1 cm d’épaisseur. Leur densité va de 50 à 300 et plus au dm2. Pour leur débitage les mosaïstes utilisaient, comme le montre un bas-relief d’Ostie, des outils forts simples tels qu’enclume, tenailles et surtout un instrument à deux tranchants, appelé « marteline ».
LES DIVERS GENRES :
Selon la forme et les dimensions des tessères, les archéologues distinguent deux procédés principaux d’exécution des pavements : l’opus tesselatum et l’opus vermiculatum. Le premier emploie des cubes grossièrement rectangulaires, dont la régularité accentue les traits du dessin et la ligne de contour. Aussi est-il utilisé principalement dans le dessin des motifs géomatiques ou pour le remplissage des fonds. Le second procédé recourt à des tesselles d’une extrême finesse, découpées de manière à sinuer comme des vers de terre, d’où le nom de vermiculatum. Ayant des formes variées, les tesselles sont disposées en s’emboîtant les unes dans les autres afin de rendre les détails les plus délicats des motifs figurés et de donner à l’instar d’une peinture tout en coups de pinceau continus, une impression optique de fondu. L’usage de ce procédé permet au mausaïste, dans son effort de rivaliser avec le peintre, malgré l’hétérogénéité des matériaux utilisés, de suggérer un illusionnisme d’espace et de volume. Cette prouesse technique contredit cependant le bon sens dans la mesure où elle fait perdre au pavement sa qualité essentielle : celle d’être strictement plat et bidimensionnel.
Une analyse de laboratoire des mosaïques de Thuburbo Majus a permis de déterminer qu’elles sont faites exclusivement des pierres provenant des environs immédiats du site, malgré des particularités stylistiques et des préférences iconographiques régionales.
Optus tessellatum et opus vermiculatum peuvent évidemment être utilisés simultanément dans un même pavement pour représenter, l’un, le décor géométrique, l’autre, les motifs figurés.
A côté de ses deux procédés, il existe une autre technique, appelée opus sectile, qui permet de réaliser des pavements forts somptueux, à l’aide de petites plaquettes de marbres polychromes disposées de façon à dessiner des motifs géométriques simples. Le procédé rappelle le calpinage moderne.
Le lit de pose :
Comme le recommande Vitruve, une mosaïque de pavement est placée sur un lit de pose constitué, au-dessus du sol que l’on a préalablement nivelé, de trois couches successives.
La couche inférieure, ou statumen, est une sorte de lit de fondation, épais et solide de grosses pierres liées ou mortier. Dessus est coulée une deuxième couche très dure, épaisse de 7 à 8 cm en moyenne, appelée rudus. Elle est faite d’un mélange de mortier de chaux, de petites pierres et d’éclats de terre cuite étanche. Enfin, vient le nucleus, épais de 4 à 6 cm, qui forme une couche homogène de mortier de chaux, de cailloux et d’éléments de briques finement broyés. C’est cette couche qui sert d’assie au pavement. Les tessères qui composent ce dernier sont insérées face vers le haut dans un bain de pose, épais seulement de 4 à 8 mm, fait de sable fin, de poudre de marbre et de chaux.
Toutefois à la différence de ces pavements qui sont exécutés directement sur le sol, il existe quelques rares panneaux de petites dimensions (50 cm de coté environ) réalisés dans l’atelier et posés sur un support de tuile, pour être transportables. Ces tableautins contiennent en générale des motifs figurés exécutés avec un soin extrême. Ils sont destinés à être encastrés, sous forme d’embalemata, (emblèmes) au centre de pavements à décor géométrique et floral, exécutés sur place.
Ces emblemata, dont moins d’une dizaine seulement a été retrouvée en Tunisie, furent cependant remplacés très tôt, sans doute dès le début du IIème s. ap. J.-C. par pseudo-emblemata œuvrés sur place, en même temps que le reste du pavement dont ils garnissent le centre.
Ateliers ou équipes de mosaïstes :
Malgré la présence de quelques tableaux posés sur tuile et qui sont censés avoir été exécutés dans des ateliers, on n’a pas retrouvé jusqu’ici, en Tunisie, des locaux spécialement aménagés pour le travail des mosaïstes. Aussi doit-on penser que ses ateliers consistaient, en réalité, en équipes itinérantes, qui se déplaçaient, en fonction des commandes, sur les chantiers où n’importe quelle pièce pouvait servir à entreposer outils et matériaux. Le bas-relief d’Osite monte d’ailleurs des mosaïstes occupés à la préparation des tessères, non pas à l’intérieur d’une fabrique, mais sur lieu même de la pose des pavements.
Deux signatures de mosaïstes originales, l’une d’Enfida, l’autre, d’Uzitta, et d’aujourd’hui au musée de Sousse, permettent d’entrevoir que la tâche au sein de ces équipes était réparti selon les compétences. Cette répartition implique évidemment une différenciation hiérarchique en fonction de la technicité et de la spécialisation.
Il y a d’abord, au sommet de l’échelle, le « peintre d’images » - le pictor imaginarius, comme l’appellent certaines inscriptions – détenteur d’un savoir-faire iconographique qui lui permet de composer, sur la couche de ciment encore frais du nucleus, le tracé préparatoire du décor de la mosaïque. Ce tracé, incisé et peint à l’ocre rouge, a d’ailleurs été repéré sous plusieurs pavements.
Pour accomplir cette tâche, le « peintre d’images » recourait probablement à un répertoire consigné dans des « cahiers de modèles ». Ces derniers, dont l’existence est généralement acceptée bien que l’on n’en ait retrouvé aucune trace, devaient consister, vraisemblablement en fragiles tablettes de bois ou des parchemins. C’est probablement leur emprise, en même temps peut être que les pérégrinations des « peintres d’images » qui expliquent les similitudes frappantes que l’on peut relever entre des pavements de provenances diverses.
Ce qui frappe dès le premier abord, dans les mosaïques romaines, c’est qu’elles partagent un langage commun fait des mêmes motifs figurés et des mêmes compositions géométriques.
En effet, malgré des particularités stylistiques et des préférences iconographiques régionales, ce qui frappe dès le premier abord, dans les mosaïques romaines, c’est qu’elles partagent un langage commun fait des mêmes motifs figurés et des mêmes compositions géométriques.
Après le « peintre d’image » vient le tessellarius (ou musivarius) qui a pour rôle de poser les tessères, en suivant le dessin préparatoire préalablement tracé. Cette tâche semble cependant incombler normalement à plusieurs mosaïstes de talents divers. Comme le laisse supposer en particulier la signature déjà mentionnée d’un mosaïte d’Uzitta, les plus adroits assuraient l’exécution des motifs figurés, en couleurs, d’autres les ombres, les frustes et les apprentis devaient procéder au remplissage du fond blanc résiduel.
Tous ces « poseurs de cubes » avaient cependant un statut social peu elevé. D’après le célèbre Edit du Maximum de Dioclétien, en 301, le salaire du meilleur d’entre eux ne dépassait pas celui d’un simple artisan. Par conte celui du « peintres d’image » était trois fois supérieur, ce qui indique qu’il s’agissait d’un personnage important au sein de l’équipe. Il était sans détenteur d’un savoir-faire à la fois graphique et technique, qui lui permettait de prendre une part active à l’élaboration du pavement qu’il considérait, en quelque sorte, comme son œuvre et qu’il pouvait signer. C’est en effet son nom, probablement, qui apparaît au génitif, seul ou précédé de la formule ex officina (de l’atelier de…), sur quelques pavements de Tunisie.
Une mosaïque nécessite, comme on le voit, la compétence d’un « peintre d’images ». Mais sa fonction est utilitaire et sa réalisation se fait selon des méthodes à la fois artisanales et industrielles, impliquant l’intervention de plusieurs mains, l’usage de modèles répétitifs et, peut-être, de gabarits. Aussi, peut-on hésiter, en définitive à la classer comme une œuvre d’art-une « peinture de pierres » comme la définissait Pline l’Ancien, au er s. ap. J.-C, une production artisanale ou la reproduction d’un design.
Par : Dr. Mohamed YACOUB, Directeur de Recherches
LES MATERIAUX :
Une mosaïque pavimentale est faite de l’assemblage, au moyen d’un lit de pose, de petits dès (ou cubes) polychromes, soigneusement découpés, appelés tesselles ou tessères.
S’agissant d’un revêtement de sol destiné à être foulé aux pieds, sa surface doit être solide et parfaitement lisse et aplatie.
Les matériaux de base dans lesquels sont taillées les tessères utilisées dans les mosaïques tunisiennes sont des marbres 1 et des calcaires locaux, auxquelles s’ajoutent des cubes rouges de terre cuite, dont la promotion a eu tendance à augmenter, au courant de l’antiquité tardive.
Marbres et calcaires offrent les colorations les plus variées : des blancs, bien sûr, employés surtout toute une gamme de noirs, gris, roses, verts, bleus, jaunes, ocres, beiges, marrons, violets… constituant des matériaux de choix pour la réalisation du décor figuré. Ils sont fournis par des carrières locales dont certaines, comme celles de Jebel Ouest, Bou Kournin ou Chemtou, ont pu être identifiées et continuent à être exploitées, par les mosaïstes modernes, pour restaurer des pavements anciens ou pour en exécuter de nouveaux. Une analyse de laboratoire des mosaïques de Thuburbo Majus a d’ailleurs permis de déterminer qu’elles sont faites exclusivement de pierres provenant des environs immédiats du site.
Ces ressources en matériaux locaux sont complétées, par quelques marbres d’importation, originaires principalement de Crèce et d’Italie.
La palette des couleurs, déjà très riche, fournie par tous ces matériaux est encore accrue, dans bon nombre de pavements, par l’emploi de tessères en pâte de verre dont les teintes rouges, vertes, bleus, ou jaunes sont plus éclatantes et plus vives. L’usage de plus en plus abondant de ces pâtes de verre, à partir du IIIème s. ap. J.-C est sans doute à mettre en rapport avec le goût de la basse antiquité pour les effets de somptuosité et la riche polychromie. Certaines mosaïques tombales chrétiennes (IVème – Vième s.ap.J. – C.) comportent même des tessères peintes à la feuille d’or.
La forme des tessères est fonction des motifs qu’elles servent à dessiner. Leurs dimensions varient de 0.3 cm à 2 cm de café, en moyenne, et de 0.4 à 1 cm d’épaisseur. Leur densité va de 50 à 300 et plus au dm2. Pour leur débitage les mosaïstes utilisaient, comme le montre un bas-relief d’Ostie, des outils forts simples tels qu’enclume, tenailles et surtout un instrument à deux tranchants, appelé « marteline ».
LES DIVERS GENRES :
Selon la forme et les dimensions des tessères, les archéologues distinguent deux procédés principaux d’exécution des pavements : l’opus tesselatum et l’opus vermiculatum. Le premier emploie des cubes grossièrement rectangulaires, dont la régularité accentue les traits du dessin et la ligne de contour. Aussi est-il utilisé principalement dans le dessin des motifs géomatiques ou pour le remplissage des fonds. Le second procédé recourt à des tesselles d’une extrême finesse, découpées de manière à sinuer comme des vers de terre, d’où le nom de vermiculatum. Ayant des formes variées, les tesselles sont disposées en s’emboîtant les unes dans les autres afin de rendre les détails les plus délicats des motifs figurés et de donner à l’instar d’une peinture tout en coups de pinceau continus, une impression optique de fondu. L’usage de ce procédé permet au mausaïste, dans son effort de rivaliser avec le peintre, malgré l’hétérogénéité des matériaux utilisés, de suggérer un illusionnisme d’espace et de volume. Cette prouesse technique contredit cependant le bon sens dans la mesure où elle fait perdre au pavement sa qualité essentielle : celle d’être strictement plat et bidimensionnel.
Une analyse de laboratoire des mosaïques de Thuburbo Majus a permis de déterminer qu’elles sont faites exclusivement des pierres provenant des environs immédiats du site, malgré des particularités stylistiques et des préférences iconographiques régionales.
Optus tessellatum et opus vermiculatum peuvent évidemment être utilisés simultanément dans un même pavement pour représenter, l’un, le décor géométrique, l’autre, les motifs figurés.
A côté de ses deux procédés, il existe une autre technique, appelée opus sectile, qui permet de réaliser des pavements forts somptueux, à l’aide de petites plaquettes de marbres polychromes disposées de façon à dessiner des motifs géométriques simples. Le procédé rappelle le calpinage moderne.
Le lit de pose :
Comme le recommande Vitruve, une mosaïque de pavement est placée sur un lit de pose constitué, au-dessus du sol que l’on a préalablement nivelé, de trois couches successives.
La couche inférieure, ou statumen, est une sorte de lit de fondation, épais et solide de grosses pierres liées ou mortier. Dessus est coulée une deuxième couche très dure, épaisse de 7 à 8 cm en moyenne, appelée rudus. Elle est faite d’un mélange de mortier de chaux, de petites pierres et d’éclats de terre cuite étanche. Enfin, vient le nucleus, épais de 4 à 6 cm, qui forme une couche homogène de mortier de chaux, de cailloux et d’éléments de briques finement broyés. C’est cette couche qui sert d’assie au pavement. Les tessères qui composent ce dernier sont insérées face vers le haut dans un bain de pose, épais seulement de 4 à 8 mm, fait de sable fin, de poudre de marbre et de chaux.
Toutefois à la différence de ces pavements qui sont exécutés directement sur le sol, il existe quelques rares panneaux de petites dimensions (50 cm de coté environ) réalisés dans l’atelier et posés sur un support de tuile, pour être transportables. Ces tableautins contiennent en générale des motifs figurés exécutés avec un soin extrême. Ils sont destinés à être encastrés, sous forme d’embalemata, (emblèmes) au centre de pavements à décor géométrique et floral, exécutés sur place.
Ces emblemata, dont moins d’une dizaine seulement a été retrouvée en Tunisie, furent cependant remplacés très tôt, sans doute dès le début du IIème s. ap. J.-C. par pseudo-emblemata œuvrés sur place, en même temps que le reste du pavement dont ils garnissent le centre.
Ateliers ou équipes de mosaïstes :
Malgré la présence de quelques tableaux posés sur tuile et qui sont censés avoir été exécutés dans des ateliers, on n’a pas retrouvé jusqu’ici, en Tunisie, des locaux spécialement aménagés pour le travail des mosaïstes. Aussi doit-on penser que ses ateliers consistaient, en réalité, en équipes itinérantes, qui se déplaçaient, en fonction des commandes, sur les chantiers où n’importe quelle pièce pouvait servir à entreposer outils et matériaux. Le bas-relief d’Osite monte d’ailleurs des mosaïstes occupés à la préparation des tessères, non pas à l’intérieur d’une fabrique, mais sur lieu même de la pose des pavements.
Deux signatures de mosaïstes originales, l’une d’Enfida, l’autre, d’Uzitta, et d’aujourd’hui au musée de Sousse, permettent d’entrevoir que la tâche au sein de ces équipes était réparti selon les compétences. Cette répartition implique évidemment une différenciation hiérarchique en fonction de la technicité et de la spécialisation.
Il y a d’abord, au sommet de l’échelle, le « peintre d’images » - le pictor imaginarius, comme l’appellent certaines inscriptions – détenteur d’un savoir-faire iconographique qui lui permet de composer, sur la couche de ciment encore frais du nucleus, le tracé préparatoire du décor de la mosaïque. Ce tracé, incisé et peint à l’ocre rouge, a d’ailleurs été repéré sous plusieurs pavements.
Pour accomplir cette tâche, le « peintre d’images » recourait probablement à un répertoire consigné dans des « cahiers de modèles ». Ces derniers, dont l’existence est généralement acceptée bien que l’on n’en ait retrouvé aucune trace, devaient consister, vraisemblablement en fragiles tablettes de bois ou des parchemins. C’est probablement leur emprise, en même temps peut être que les pérégrinations des « peintres d’images » qui expliquent les similitudes frappantes que l’on peut relever entre des pavements de provenances diverses.
Ce qui frappe dès le premier abord, dans les mosaïques romaines, c’est qu’elles partagent un langage commun fait des mêmes motifs figurés et des mêmes compositions géométriques.
En effet, malgré des particularités stylistiques et des préférences iconographiques régionales, ce qui frappe dès le premier abord, dans les mosaïques romaines, c’est qu’elles partagent un langage commun fait des mêmes motifs figurés et des mêmes compositions géométriques.
Après le « peintre d’image » vient le tessellarius (ou musivarius) qui a pour rôle de poser les tessères, en suivant le dessin préparatoire préalablement tracé. Cette tâche semble cependant incombler normalement à plusieurs mosaïstes de talents divers. Comme le laisse supposer en particulier la signature déjà mentionnée d’un mosaïte d’Uzitta, les plus adroits assuraient l’exécution des motifs figurés, en couleurs, d’autres les ombres, les frustes et les apprentis devaient procéder au remplissage du fond blanc résiduel.
Tous ces « poseurs de cubes » avaient cependant un statut social peu elevé. D’après le célèbre Edit du Maximum de Dioclétien, en 301, le salaire du meilleur d’entre eux ne dépassait pas celui d’un simple artisan. Par conte celui du « peintres d’image » était trois fois supérieur, ce qui indique qu’il s’agissait d’un personnage important au sein de l’équipe. Il était sans détenteur d’un savoir-faire à la fois graphique et technique, qui lui permettait de prendre une part active à l’élaboration du pavement qu’il considérait, en quelque sorte, comme son œuvre et qu’il pouvait signer. C’est en effet son nom, probablement, qui apparaît au génitif, seul ou précédé de la formule ex officina (de l’atelier de…), sur quelques pavements de Tunisie.
Une mosaïque nécessite, comme on le voit, la compétence d’un « peintre d’images ». Mais sa fonction est utilitaire et sa réalisation se fait selon des méthodes à la fois artisanales et industrielles, impliquant l’intervention de plusieurs mains, l’usage de modèles répétitifs et, peut-être, de gabarits. Aussi, peut-on hésiter, en définitive à la classer comme une œuvre d’art-une « peinture de pierres » comme la définissait Pline l’Ancien, au er s. ap. J.-C, une production artisanale ou la reproduction d’un design.
Par : Dr. Mohamed YACOUB, Directeur de Recherches
Date de création : 17/12/2009 @ 13:03
Dernière modification : 12/01/2010 @ 01:08
Catégorie : Dossier
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Réactions à cet article
Réaction n°1 |
par kebboustamazouzt le 18/01/2010 @ 21:02 |
Vos recherches sont très intéressantes.C'est un article que je prendrai en considération pour plus de connaissance dans ce domaine que d'ailleurs j'ai découvert il y a de cela trois ans grâce à une communauté chrétienne ici en Algérie.Je suis algérienne je fais de la mosaïque à la maison mais je voudrai faire une formation plus approfondie dans cet artisanat sauf qu'ici ce n'est pas une profession qui est très répandue et nos centres de formation artisanales ne propose pas ce domaine,mais moi je m'acharne à trouver et à approfondir mes connaissances.J'ai découvert que la Tunisie est en essor pour cette culture de la mosaique alors je suis à la recherche des centres à Tunis et si c'est possible les critères et les démarches à suivre pour pouvoir y accéder.Bon courage et bonne réussite. | |
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